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Le lavage des mains

 

Introduction

 

     Le diable se cache dans les détails affirme déjà le dicton. Dans le domaine médical, cette affirmation a toute son importance, puisque certains gestes se réalisent a l’insu de la volonté de certains professionnels de santé, qui ne comprennent pas toujours leurs importances. Le lavage des mains figure parmi ces gestes qu’ils considèrent parfois comme une perte de temps, d’où l’importance de préciser l’importance du lavage des mains. Des gens l’omissent souvent et n’y comprennent apparemment pas les conséquences. La comparaison des résultats entre les résultats apportés par la pratique de ce geste avec les consequences du refus de ce dernier  permettrait de mieux apprécier son importance.

 

 

 Définition

    La pratique du lavage des mains  consiste en l’application d’une série de mesures destinées à assurer la propreté des mains dans un objectif essentiellement sanitaire. Le but du lavage des mains, dans la vie quotidienne, est la détersion, laquelle consiste à enlever les saletés, notamment les graisses et la matière organique, d’éventuels produits toxiques, et certains microbes.

 L’hygiène des mains est un des éléments de l’hygiène de la vie quotidienne. D’un point de vue anatomique, les mains sont l’outil de préhension de l’Homme et lui servent à interagir avec son environnement. Cet environnement externe est peuplé de micro-organismes (bactéries, virus, champignons, moisissures,  salissures, éléments toxiques, etc.). Une fois contaminées par ces microbes, les mains les transportent et les disséminent.

Une bonne hygiène des mains contribue à réduire ou à limiter le risque de transmission de germes responsables de maladies infectieuses telles que la grippe, les gastro-entérites aiguës, etc.

 

 

 Aspect historique du lavage des mains

 

    Malgré ces systèmes, le lavage insuffisant des mains est à l'origine de plus de 50 % des infections d’origine alimentaire. Pourtant, le lavage des mains au savon, en particulier après un contact avec des excréments, peut réduire l’incidence diarrhéique de 42 % à 47 %.

L'observation de personnes dans les toilettes publiques révèle que 14,6 % des hommes ne se lavent pas les mains du tout, versus 7,1 % des femmes. Quand ils se lavent les mains, seuls 50,3 % des hommes utilisent du savon, versus 77,9 % des femmes.

 

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    Les gens prétendent souvent qu'ils se lavent les mains régulièrement, mais les études scientifiques montrent le contraire, alors que 92 % des mobiles sont recouverts de bactéries, 16 % sont contaminés par des bactéries fécales de type Escherichia coli capable d'être transmises par manque d'hygiène des mains.

En 2017, une équipe américaine associant des chercheurs de l'université Rutgers et de Gojo (Industries), après avoir testé les quatre grands paramètres du lavage de mains (temps de frottage, température de l'eau, quantité de savon, type de savon, classique ou antibactérien), a conclut que le seul facteur critique d'efficacité est le temps de lavage des mains.

 

 

Pourquoi réalise t-on le lavage des mains ?

 

    Les mains représentent le premier vecteur de contamination. « Le lavage et l’hygiène des mains est la première des précautions à prendre pour ne pas tomber malade », selon le CDC  (Center for Disease Control and Prevention).

70% des rhumes sont causés par les mains !

Des études ont montré que 70% des personnes enrhumées avaient sur les mains les germes infectieux à l’origine de leur rhume et qu'ils n'avaient pas lavés regulièrement les mains.

 

 

Identifier les risques de contaminations

 

1-Transport en commun

Les transports en commun, les escalators, les barres de maintien du métro sont des foyers à germes. Il est recommandé de se laver les mains ou d’éviter autant que possible de les toucher.

 

2-Voyages « exotiques »

Le transport aérien est responsable de la diffusion mondiale de maladies comme la grippe. Les épidémies de grippe surviennent :

Lors d’un voyage « exotique », il est important de se protéger par des vaccins quand ils existent et une bonne hygiène.

 

3-Siège des toilettes

On y retrouve environ 80 bactéries/cm2, dont notamment la bactérie E. Coli, responsable de certaines gastro-entérites. Gare aux chasses d’eau actionnées sans fermer le couvercle : ce sont elle qui projettent les bactéries sur le siège des toilettes.

 

4-Objets du quotidien

 Téléphones portables, claviers, souris d’ordinateur, manettes de jeux vidéo et poignées de portes sont de véritables « nids à microbes ». Il est nécessaire de les nettoyer régulièrement et de se laver les mains après chaque utilisation. Selon les chercheurs en microbiologie de l’Université de Manchester, ils pourraient contenir 500 fois plus de microbes que les sièges de toilettes ! On peut y retrouver de nombreuses bactéries, allant d’E. Coli aux salmonelles, en passant par les streptocoques ou staphylocoques dorés.

 

5-La cuisine

Selon une étude menée par Initial Washroom Hygiene, 50% des plans de travail d’une cuisine et 25% des égouttoirs seraient contaminés par les coliformes, ces bactéries issues des matières fécales, famille des bactéries E. Coli. En prévention, il est notamment préconisé de se laver les mains dans une salle de bain, et non dans une cuisine.

 

6-Les sièges arrières de voiture

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres a montré que le siège arrière d’une voiture pouvait contenir plus de 700 bactéries/cm2, soit 8 fois plus que les sièges des toilettes ! Le germe Bacillus cereus qui peut causer une intoxication alimentaire y serait particulièrement fréquent. Les raisons d’une telle contamination ? Un tiers des conducteurs ne nettoieraient l’intérieur de leur voiture qu’une fois par an.

 

7-Activité de plein air

Dans certaines situations de la vie courante, telles que randonnée, camping ou pique-nique, il n’est pas possible de se laver les mains aussi souvent qu’il faudrait. Les gels hydroalcooliques peuvent etre pratique a la place du lavage au savon.

 

 

8-Personnes à risque 

Les nourrissons et les jeunes enfants :
En période d’épidémie de bronchiolite ou de diarrhée aiguë, il est recommandé de se laver les mains avant le change ou le contact avec l’enfant.

 

9-Les personnes âgées et les malades : 

Chaque année, l’épidémie hivernale de grippe dure six à huit semaines et touche entre 2 à 7 millions d’individus en France. Toutes les tranches d’âge sont affectées mais certaines personnes sont plus vulnérables comme les personnes âgées, les malades chroniques (asthmatiques, diabétiques notamment). Le virus se propage par le biais des secrétions  des voies respiratoires projetées par la toux ou les éternuements, mais également par les mains contaminés. Dans ce cas le port du masque est recommandé ainsi que le lavage systématique des mains pour tous  et entre chaque patient pour les professionnels de la santé.

 

 Les résultats du lavage des mains

    Nous avons considérés les résultats obtenus par certains hopitaux du Canada.  Du moi d’Avril au mois de Décembre 2016 :  Le lavage des mains était insuffisant dans ces hopitaux et les impactes surles patients étaient énormes.

 

Hôtel-Dieu : 51 %

Notre-Dame : 49 %

Saint-Luc : 49 %

 

 

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 Tableau 2 : Le lavage des mains dans ces trois hopitaux et aux urgences.

 

Le lavage des mains aux urgences de ces trois hopitaux.

    C'est aux urgences de ces trois hopitaux que le taux de lavage était le plus faible au cours de cette période.

 Hôtel-Dieu : 27%

Notre-Dame : 23%

Saint-Luc : 16%

 

    Le défi expliquant cette baisse de lavage des main, selon les professionels, c'est la répétition. Un travailleur de la santé peut être appelé à se laver les mains des dizaines, voire des centaines de fois par jour. C'est l'un des facteurs qui jouent le plus sur le lavage des mains », et les conséquences de cette comportement étaient énormes :

90 000: Nombre de personnes victimes chaque année d'infections nosocomiales au Québec

4000: Nombre de décès liés aux infections nosocomiales au Québec

50 %: Pourcentage de cas qui pourraient être évités par de bonnes pratiques d'hygiène des mains

180 millions: Économies potentielles par année (en dollars)

Pour éviter ces pertes, Il est très important de s'assurer que les employés se lavent correctement les mains selon les normes afin de réduire la transmission les infections nosocomiales.

 

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Des progrès pour 2019

    Une compilation réalisée par Radio-Canada auprès de 26 des 33 établissements indique que le taux de lavage des mains est passé de 59 % pour l’année 2017-18 à 61 % pour la période de avril 2018 à début janvier 2019. Un échec en regard de l'objectif qui était de 75 % pour cette période. Au total, seulement quatre établissements avaient atteint l’objectif de 75 % en janvier.

Pourtant, certains établissements ont rapidement fait de gros progrès. C'est le cas du CISSS de la Côte-Nord où le taux de lavage des mains est passé de 51 à 85 % en un an. Il est d'environ 90 % en Ontario où chaque établissement publie ses résultats sur le web.

Dans ce même objectif, en mettant en place un protocole de lavage de mains systématique, les hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont réduit de moitié les infections nosocomiales.

Ces améliorations de l'hygiène des mains ont diminués  la durée du séjour hospitalier, la morbidité et la mortalité, ainsi que les coûts associés à ces infections.

 

Les Méthodes de laver les mains

 

Lavage à l’eau et au savon

    Dans le cas général, on se lave les mains à l’eau, avec un savon doux, (Le savon liquide en contenant à usage unique est la meilleure solution), en faisant attention à se laver la paume, le dos de la main, les doigts et leurs interstices, pendant au moins 30 a 60 secondes, rincer à l’eau claire et si possible tiède et sécher avec une serviette propre ou un papier à usage unique. Si les ongles sont longs et que le dessous des ongles est souillé, il est recommandé de se brosser les ongles avec une brosse douce. Le lavage avec un savon bactéricide peut être indiqué en fonction des germes à éliminer durant le lavage.

 

Lavage des mains en milieu hospitalier par le personnel

    Dans les milieux de soin, la pratique de l’hygiène des mains a pris une place prépondérante face à la lutte contre les infections nosocomiales. En plus du lavage simple, d’autres types de lavages sont pratiqués. Les éléments capitaux sont :

 Le lavage antiseptique : il dure 1 minute et s’effectue avec un savon antiseptique lors des soins nécessitants une asepsie rigoureuse (pose d’un cathéter périphérique, d’une sonde urinaire, etc.). Ce type de lavage est aussi obligatoire lors d’un contact avec un patient en isolement septique et protecteur (à l’entrée et à la sortie de la chambre).

 

Le lavage chirurgical : Ce lavage dure 3 minutes, il s’effectue avec un savon antiseptique ainsi qu’une brosse stérile. Il est indispensable avant tous gestes chirurgicaux.

 

Dans ces deux derniers types de lavages, il faut :

  •  Maintenir les mains au-dessus des coudes afin que l’écoulement de l’eau n’amène pas les impuretés des avant-bras sur les mains ;
  •  Les robinets, poubelles et distributeurs de savon doivent pouvoir s’utiliser sans contact manuel (pédale, appui avec le coude), ou alors il faut se faire aider par une autre personne pour les manipuler (ou à défaut les manipuler avec un essuie-main à usage unique).

 

Le port de gants ne remplace pas le lavage de mains.

 

 

 

Les produits utilisés peuvent être :

Savon antiseptique : 0,5% Triclosan (contient agents émollients)

Gel hydro-alcoolique

Antiseptique sans eau à base d’alcool (60 à 95%).

D’après le CDC le produit est plus efficace qu’un savon ordinaire ou antimicrobien pour réduire la flore.

 

Autres techniques

    D’autres techniques n’utilisent pas l’eau courant et le savon, mais une solution hydro-alcoolique.

L’hygiène des mains peut être réalisée par une méthode de friction de solution hydro-alcoolique. La friction hydro-alcoolique doit être réalisée lorsque les mains sont visiblement non souillées (absence de liquides biologiques ou d’autres produits).

 

    Dans les milieux de soins, il existe deux types de friction hydro-alcoolique :

la friction simple qui dure 30 secondes : elle est au moins autant efficace voire largement plus que les techniques de lavage simple des mains au savon doux et de lavage antiseptique.

la friction chirurgicale des mains  s’associant avec un lavage chirurgical préalable à l’aide d’un savon doux.

 

 

 

Conclusion

 

Les mains représentent un vecteur de contamination, c’est pourquoi son lavage régulier est déterminant pour la prévention des infections. Selon plusieurs études, les hommes négligent le plus souvent ce geste salvateur  que les femmes.

Les principaux facteurs de contamination par des microbes sont : Le transport en commun, les voyages exotiques, les sièges des toilettes, les objets du quotidien, les cuisines, le siège arrière des voitures, les activités en plein air, les personnes a risque, les personne âgées et malades.

Une étude menée au Canada a montrée que le taux de lavage des mains dans plusieurs institutions sanitaires était loin d’être satisfaisant. Ce geste salvateur était vraiment négligé dans le service des urgences de plusieurs hôpitaux du Canada en 2016, et les conséquences de ce comportement étaient énormes :

En effet, 90 000  personnes  étaient victimes chaque année d'infections nosocomiales au Québec, dont 50 % pourraient être évités par de bonnes pratiques d'hygiène des mains. Pourtant, certains établissements ont rapidement fait de gros progrès. C’est le cas de ceux d’Ontario où le lavage des mains  est d'environ 90 %  en 2019en. Ces améliorations de l'hygiène des mains ont diminués  la durée du séjour hospitalier, la morbidité et la mortalité, ainsi que les coûts associés à ces infections.

Rappelons la méthode de lavage des mains :

Nous avons dabord le  lavage à l’eau et au savon qui consiste  à se laver la paume, le dos de la main, les doigts et leurs interstices, pendant au moins 30 a 60 secondes, a les rincer à l’eau claire et si possible tiède et les sécher avec une serviette propre.

En suite, nous avons les lavages des mains en milieu hospitalier par le personnel soignant. Ce type de lavage comprend :

  • Le lavage antiseptique qui dure 1 minute et s’effectue avec un savon antiseptique. Il se réalise lors des soins nécessitants une asepsie rigoureuse (pose d’un cathéter périphérique, d’une sonde urinaire, etc.). Ce type de lavage est aussi obligatoire lors d’un contact avec un patient en isolement septique et protecteur (à l’entrée et à la sortie de la chambre).
  • Le lavage chirurgical : il dure 3 minutes, il s’effectue avec un savon antiseptique ainsi qu’avec une brosse stérile. Il est indispensable avant tous gestes chirurgicaux.

 

Les autres techniques de lavage des mains font appel aux solutions hydro-alcooliques. Ce sont les frictions Hydro-alcooliques. Il en existe deux types :

  • La friction simple qui dure 30 secondes : elle est au moins autant efficace, voire largement plus que les techniques de lavage simple des mains au savon doux et de lavage antiseptique.
  • La friction chirurgicale des mains  s’associant avec un lavage chirurgical préalable à l’aide d’un savon doux.

 

 

Référence

 

1.       https://www.medent.umontreal.ca/wikiclinique/doku.php?id=hygiene_des_mains

2.       https://www.lapresse.ca/actualites/sante/201703/20/01-5080352-lavage-des-mains-au-chum-nettement-insuffisant.php

3.       https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Hygiène_des_mains&oldid=160154288 

4.      https://sautedejoie.com/642/limportance-de-lhygiene-hospitaliere/

5.       https://www.msn.com/fr-ca/actualites/quebec-canada/lavage-des-mains-le-r%c3%a9seau-de-la-sant%c3%a9-loin-de-la-cible/ar-BBVIMUU

6.       Archives médicales militaires des États-Unis Réf: 085036-1 Reeve

7.       Pourquoi et comment bien se laver les mains ? [archive], INRS, 2008.

8.       Infections virales respiratoires - mesure préventives [archive], INPES, 2006.

9.       Campagne menée [archive] par l’INPES

10.    Biographie de Ignace-Philippe Semmelweis [archive] sur http://www.medarus.org [archive].

11.    (en) Mead PS, Slutsker L, Dietz V, McCaig LF, Bresee JS, Shapiro C, Griffin PM, Tauxe RV, « Food-related illness and death in the United States », Emergengy Infectious Diseases, vol. 5, no 5,‎ septembre-octobre 1999, p. 607-25.

12.   Cahier de staff, hospital Justinien

13.   Cahier du bloc opératoire, hôpital Justinien

14.   Les cahiers du Centre Chirurgical Des Facultés

 

 

Date de dernière mise à jour : 12/08/2019